Je sais les coups de pelle, de crosse au creux du dos, Ces mots tournés en dérision comme un bout de cristal salé, Des rêves à l'arrachée. Et je me prends à rêver au boulevard des sentiments, A prier le vent de bien vouloir m'envelopper, rien que moi.
Ou peut-être juste nous, la nuque encore brûlante des coups du sort, Les poignets anéantis, fracassés au pétale de lune, Brillant, argent, sanglant, filigrane d'accablement, au fond.
Je sais la liberté qui se cache au fond de tes yeux, Yeux que je n'peux qu'imaginer, seule devant un écran de verre désillusionné. Mais je sais ces yeux gonflés à trop attendre de la vie, Je te sens la tête baissée, les idéaux cassés, A penser à mieux, a vivre trop peu. Je sens presque au bout de mes doigts noir de ce désespoir amer, La promesse d'un jour où sur l'asphalte nous crèverons, Sur le bitume nous échapperons au monde, Sur le bord d'une voie déserte nous prendrons la route.
Ca me déroute De me dire encore, sans cesse que c'est demain, Je n'emporterais pas de promesses dans mes bagages, Juste un peu de rêve, Et encore plus, de poussière d'espoir.
On sera libres....